Jane “La Rebelle”

   Jane était née le troisième jour du mois de la lune. Une prophétie devait s’accomplir pour la sauvegarde du village, mais, la fille de Dame Esmée et Stiobhán Matheson était une jeune rebelle. Elle ne pensait qu’à l’aventure, que dis-je aux aventures qui lui traversaient l’esprit.

   Elle en avait cure des histoires de prophétie et des choses qu’elle devait accomplir. Ce qu’elle aimait, c’était courir dans les bois, prendre un bâton et faire semblant de se battre contre un arbre et lorsque ses coups étaient trop forts, elle ramassait une branche en retour dans la figure. Les arbres la laissaient jouer mais au fil des années, devenant de plus en plus vigoureuse, ils ne se laissaient plus faire de peur que leur écorce cède sous ses coups.

   Elle adorait aussi passer du temps dans les cuisines du château de Wevelgem. Car, elle aimait faire du pain, des gâteaux et autres pâtisseries avec Marie-Augustine. Des délices, qu’elle affectionnait par-dessus tout. Bon, elle ne faisait pas la fine bouche devant un beau morceau de viande bien saignant, c’était une épicurienne, voilà tout.

  • Ne laissez pas de viande sur l’os ! disait son père, – Elle pourrait vous le prendre !

   Elle adorait piquer le meilleur cheval de son père et galoper dans les bois à en perdre haleine. Elle filait comme le vent jusqu’au bout de nulle part. Elle finissait toujours par rejoindre sa grande amie Melissandre dans ses bois. Comme elle le disait si bien sa forêt, dont elle n’en connaissait point la limite d’ailleurs.

  • Quand je serai grande, je viendrai habiter avec toi dans la petite maison de la forêt, lui avait-elle dit.

   Les griffons la surveillaient en permanence, il fallait que rien ne lui arrive. Esmée savait toujours où la chercher si besoin était grâce à Briac. Ce qui quelquefois énervait la damoiselle et la mettait hors d’elle. Elle avait aussi un langage bien fourni.

  • Briac ! Foutre dieu et mortes couilles, laisse-moi sereine, je ne fais rien de mal ! Diantre ! Un peu d’intimité serait trop demander.

   Mais ça, c’était sans compter sur la forêt de Wevelgem. Qui un beau matin, lui rappela quel était son destin.