Mélissandre Dame Nature

   Mélissandre était une jeune aventurière de vingt-deux ans. Depuis la nuit des temps, elle cherchait à savoir d’où venait son don de claire ressentis envers la nature. Ainsi que cette jeunesse éternelle qui l’animait.  Elle découvrit qu’elle descendait en quatrième génération de la Fée du Hêtre.

   Condamnée au bûcher pour sorcellerie, elle arriva à s’enfuir de son village natal avec le peu qu’elle possédait, un cheval et son âne. Guidée par son instinct et ce mystérieux appel d’une forêt dans ses rêves, elle marcha pendant des jours et des lunes. Soudain, par une nuit étoilée, elle se trouva devant cette forêt qui lui ouvrit un passage pour qu’elle puisse y trouver refuge.

   Dès son entrée, elle fut invitée à suivre des feux follets qui l’amenèrent jusqu’à une petite maison au fond des bois. Elle pouvait à peine la distinguer dans la peine ombre de la nuit tombée. Elle avait été construite en partie dans une faille d’un gros rocher surmonté d’un immense arbre aux branches tombantes. Elle était bordée de grand arbres ainsi que d’une petite clairière traversée par un petit ruisseau. C’était la cachette secrète de la princesse de ces lieux, Rebelle, fille de mon Seigneur et de Dame Esmée.

   Passionnée de cuisine sauvage, elle partait régulièrement en cueillette avec son fidèle destrier ou son âne bâté à la recherche de plantes ou des herbes mystérieuses.  Avec lesquels elle préparait des potions, des sirops onctueux, des décoctions pour se soigner. Elle savait aussi mélanger, modifier les saveurs pour de succulents plats. Elle vivait entourée d’animaux avec qui elle pouvait communiquer sans un mot, elle avait peu de visiteurs humains.

   Elle s’accommodait de sa vie au fond des bois, agrémentée de temps à autre par les visites de Jane dit Rebelle. Elle lui montrait comment faire cuire les Condélla Rhynolis avec des Elogatyphasya pour lui déboucher le nez quand elle était malade ou comment elle préparait un cataplasme pour lui appliquer sur un genou écorché avec du Telyttelyum Monticus et avait toujours le remède pour toutes sortes de maux.

   Mais un jour, après un certain temps de vie dans ces lieux… combien de temps ? Pouvait-on le compter à Wevelgem ? Qui aurait pu le dire dans une forêt où les saisons se suivaient dans la même journée et où les feuilles ne tombaient jamais des arbres… Elle avait dû se rendre au village de Wevelgem. Afin d’aider Stiobhán Matheson, elle proposa ses services en mettant à disposition son don pour tisser des liens entre la nature et les hommes.

   Ses qualités étaient sa douceur, sa sagesse et son ouverture d’esprit.

   Mélissandre faisait des miracles avec les plantes de la Forêt de Wevelgem.