Thibert “Le Bon”

   Thibert était né dans un hameau de montagne à la fin d’un hiver, d’un père forgeron et d’une mère paysanne. Sa vie était consacrée aux tâches ardues, afin de subvenir aux besoins de sa famille.

   Son père lui avait arrangé un mariage avec une fille d’un village voisin. Thibert ne la connaissait pas, elle vint un jour se présenter avec des feuilles de menthe séchées, qu’elle faisait pousser dans son jardin.

   – Ça soulage l’estomac après un grand repas. Avait elle dit pour amorcer la conversation.

   Sa vie semblait toute tracée, jusqu’au jour où une troupe de chevaliers Templiers réussit à le convaincre de les suivre pour les croisades.

   Pensant abandonner temporairement sa promise Talynn dans le petit village de la Confédération des III Cantons, il partit pour les croisades. Il croyait que son épée accomplissait toujours une action noble. Son surnom de Thibert le Bon lui fut donné lorsqu’il épargna la vie d’un adversaire particulièrement courageux, qu’il avait vaincu.

   Il avait mis toutes ses forces dans la bataille de St-Jean d’Acre. Sentant celle-ci perdue, il avait, de justesse, pu embarquer à bord du dernier navire qui le ramènerait chez lui. Blessé, il était arrivé à Chypre chez les Hospitaliers pour y faire soigner ses blessures.

   Sur le trajet du retour, lors de sa traversée, un soir, accoudés au bastingage et le nez en l’air, le capitaine lui avait enseigné les étoiles, les chemins du ciel pour se diriger sur la mer comme sur la terre.

   De là, il avait navigué, marché, erré, cherché, combattu à nouveau et s’était retrouvé face à un homme dont la bravoure n’avait pas encore fait parler de lui, il allait l’apprendre à ses dépens.

   Enrôlé comme mercenaire par un roi fou, Thibert le Bon avait fini par se rendre compte qu’il était dans le mauvais camp et avait pris la poudre d’escampette. Lors de sa fuite, il était entré dans la forêt de Wevelgem un peu malgré lui.

   Vivant maintenant dans la forêt, il y avait toujours de la nostalgie dans son regard. La belle Talynn l’attendait-elle ? Tiraillé entre la vie à Wevelgem et celle qui aurait dû être la mère de ses fils, il cherchait encore les réponses dans les étoiles.

   La Forêt de Wevelgem allait sûrement le guider.